Comment faire des images des bandes d’Uranus

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L’année 2012 a vu, sans doute pour la première fois de l’Histoire, des amateurs photographier des détails non ambigus sur Uranus. Avec ce tutoriel, apprenez à faire comme eux !

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En 2011 et 2012, on a vu d’excellentes images d’Uranus prises au Pic du Midi. Durant l’été 2012, François Emond a été le premier amateur à parvenir à imager des bandes sans doute possible, avec la même méthode, rapidement suivi par rapidement suivi par plusieurs autres. Voici comment :)

Il est important de noter, tout d’abord, que le seeing DOIT être au moins très bon, et si possible, excellent. Un seeing moyen aura pour effet de brouiller facilement les quelques détails visibles.

Quel équipement utiliser ?

Photographier les bandes d’Uranus est la dernière limite franchie par les amateurs. Il s’agit certainement d’une des observations les plus difficiles à réaliser, sinon LA plus difficile.

Il est préférable d’utiliser un gros télescope. Quatre observateurs ont réussi l’opération avec des instruments de 250 mm (moi, le regretté Flavius Isac, Richard Schrantz et Paul Maxson), et il s’agit à l’heure actuelle du diamètre plancher pour espérer obtenir un résultat. Un C11 sera déjà bien, mais il vaut mieux utiliser des instruments de 350 à 400 mm si possible.

Une caméra noir et blanc performante est indispensable, de préférence celles équipées avec un capteur récent très sensible aux infrarouges. Les caméras couleurs ne seront pas à la hauteur de la tâche.

Un filtre est également indispensable !

Quel filtre choisir ?

Les expériences réalisées en 2012 on montré que deux types de filtres sont capables de révéler les bandes : un filtre IR très large, ou bien un R+IR. Le Baader IR 685 a été le plus utile parce qu’il est un très bon compromis entre l’effet de contraste sur ces bandes, et la quantité de lumière infrarouge transmise (c’est le filtre IR le plus large du marché).

Toutefois, la planète est très sombre dans cette bande, et c’est pourquoi un filtre R+IR (qui transmet à la fois le rouge visible ET l’infrarouge) est une bonne alternative. Le contraste sera un peu plus faible, mais la résolution sera meilleure, et la quantité de lumière nettement plus élevée permettra d’accélérer la cadence de capture.

On choisira donc le filtre en fonction de deux critères :

  • Si vous possédez un gros télescope, et/ou si le seeing est excellent, on préfèrera un filtre IR, le meilleur ici étant donc leuranusfiltercompar Baader IR 685
  • Si votre instrument est d’un diamètre inférieur à 300/350 mm, ou si le seeing est « seulement » bon à très bon, on pourra essayer de voir si les résultats ne seront pas meilleurs avec un RG 610 Baader ou bien un Wratten 25.

Ici à droite deux images d’Uranus montrant au moins la bande équatoriale. Avec mon 250 mm, le RG 610 apporte certainement un plus au niveau de la définition.

Faire la mise au point sur Uranus

C’est ici que la difficulté commence… Mettre au point sur Uranus dans les grandes longueurs d’onde (rouge profond ou proche IR) peut prendre du temps. La meilleure idée serait de faire d’abord la mise au point sur une étoile avec le tunnel d’imagerie complètement installé (barlow+filtre+caméra – truc utilisé l’an dernier par Damian Peach), mais cela suppose de pouvoir ensuite retrouver la planète sans rien retirer du tunnel.

Si ce n’est pas possible, il faudra patiemment faire des aller-retour avec le système de mise au point en scrutant minutieusement l’aspect de la planète. Ou alors on pourra aussi réaliser des films court et vérifier avec un traitement rapide qu’Uranus est bien nette.

Les réglages de la caméra

Comme pour n’importe quelle planète, l’idée est d’adopter la vitesse de capture la plus rapide tout en conservant une exposition correcte de la cible. Cependant, exposer correctement sur Uranus dans l’infrarouge est très difficile et suppose de longs temps d’exposition peu compatibles avec les conditions d’observation. N’hésitez pas alors à donner la priorité à la vitesse de capture sur la qualité de l’exposition. Après tout, la rotation de la planète n’a pas d’importance et il y a peu de chance pour qu’il y ait autre chose à voir que des bandes. Les taches brillantes sont rares et il n’est pas prouvé qu’elles soient accessibles avec du matériel amateur.

N’hésitez pas non plus à réaliser des très longues vidéos de capture. Plus on aura d’images brutes, et mieux ce sera. Les images ci-dessus sont tirées de films de 30 à… 80 mn ! Le temps d’exposition était de 150 ms pour le RG 610 (6-7 images par seconde (ips), 12000 brutes au total) et 250 ms pour le IR 685 (4 ips – 18000 brutes !).

Utilisez WinJupos

WinJupos peut permettre, enfin, de « déroter » une longue vidéo d’Uranus, ce qui pourrait permettre éventuellement de détecter des spots ou des taches si elles existent. Mais s’il s’agit seulement de photographier les bandes, l’utilisation de WinJupos n’est pas requise.

A noter qu’il est également possible de déroter des vidéos acquises avec un télescope altazimutal.

Dans les articles à venir on verra comment éviter des erreurs de traitement ou d’acquisition sur Uranus et comment réaliser des images en couleur.

 

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