Les éphémérides WinJupos (I) : prise en main

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WinJupos est aujourd’hui bien connu des photographes pour ses possibilités de traitement des images planétaires. Mais WinJupos c’est aussi un module performant d’éphémérides planétaires. Voici comment vous en servir !

Paramétrer le logiciel

Pour que les éphémérides fonctionnent au mieux, il faut rentrer les coordonnées géographiques de son lieu d’observation. En effet, nos coordonnées terrestres déterminent les heures de lever et de coucher des astres, ainsi que leur altitude dans le ciel. Sur le haut du module d’éphémérides, WinJupos permet évidemment de rentrer à la main ses coordonnées. Mais il permet surtout de les sauvegarder… et d’en sauvegarder plusieurs ! C’est très pratique si vous disposez de plusieurs sites d’observation assez éloignés géographiquement…

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Pour un premier enregistrement, rentrez les coordonnées de votre lieu, puis avec la flèche entourée de rouge sur l’image, choisissez « enregistrer le site d’observation », en rentrant le nom que vous souhaitez. Par la suite, il vous suffira avec le même menu, de cliquer sur le site voulu pour charger automatiquement les coordonnées correspondantes. Attention, la longitude se rentre en + (est du méridien de Greenwich) ou en – (ouest). La latitude elle, s’exprime en minutes (fractions de 60). Sur le net, les coordonnées sont souvent données en E/W pour la longitude et en degrés (fraction de 100) pour la latitude.

Quelles sont les données les plus importantes ?

Les éphémérides WinJupos sont assez complètes. Mais les données n’ont pas toutes la même utilité…

Commençons d’abord par les longitudes. Les longitudes permettent de savoir quelle partie d’une planète est visible au moment choisi. Il peut y avoir plusieurs systèmes de longitudes… les planètes les plus simples sont celles qui nous présentent une surface solide : Mercure et Mars. Dans ce cas il n’y a qu’un seul méridien, comme sur Terre, et la valeur qu’affiche le logiciel permet exactement de savoir quel détail est visible. Sur Mars par exemple, Syrtis Major est situé à 290° de longitude…ephem_WJ_2 Les choses se compliquent un peu pour Vénus : on a toujours un repère de surface invariable qui prend alors le nom de « système I », relatif à la surface solide. Cette dernière est cependant invisible (sauf dans le cas de son émission thermique). Mais on a en plus un « système II » qui lui se rapporte aux détails de l’atmosphère observables dans l’ultraviolet, qui tournent en quatre jours (terrestres). La situation est encore un peu plus compliquée pour les planètes gazeuses que sont Jupiter et Saturne, où on a pas loin de 3 systèmes ! Pour les deux, le premier représente la zone équatoriale, et le deuxième le reste du globe. Le troisième est un système de longitude scientifique lié aux émissions radio des noyaux de ces deux planètes. Sur Jupiter, il ne sert pas aux amateurs (le repère le plus courant est le système II), mais sur Saturne, c’est celui qu’on utilise.

Sur la gauche du module d’éphémérides, dans la partie grise, s’affichent les différents systèmes de longitude choisis en fonction de l’heure et de la date. Les chiffres dans le bloc blanc vous permettent de jeter un coup d’oeil rapide sur l’évolution des méridiens en fonction de l’heure.

Les données physiques

Toute la partie droite est occupée par différentes données physiques. Dans la partie grise, l’altitude de la planète au moment choisi. Ca peut avoir son importance pour prévoir ses observations, c’est à mettre en rapport avec les données juste en-dessous relatives aux heures de lever et de coucher. Pratique, celles du Soleil sont indiquées également !

Le diamètre représente la taille angulaire de la planète vue dans le ciel. Cette donnée a une influence sur la résolution évidemment, plus une planète est loin et moins on voit de détails.

L’élongation est la distance au Soleil, en degrés. 180° est le maximum et représente l’opposition, 90° la quadrature (pour les planètes extérieures).

La phase est le pourcentage du disque éclairé par le Soleil tel que nous le voyons depuis la Terre. Toutes les planètes sauf Uranus et Neptune présentent une phase visible. Elle est négligeable sur Jupiter et Saturne, mais sur Mars, Vénus et Mercure, elle compte beaucoup car la partie non visible peut être très importante.ephem_WJ_3

Pour terminer sur les notions les plus connues, la magnitude est également indiquée. La notion intéresse toujours l’observateur mais elle n’a, au final, pas d’utilité réelle pour les observations.

Avec la déclinaison du Soleil (Ds) on aborde cependant une notion importante, mais beaucoup moins connue. Cette valeur indique quel est l’angle que forme la ligne entre le Soleil et la planète par rapport au plan de l’équateur de cette dernière : si Ds = 10° par exemple, cela signifie que sur la planète, le Soleil est à la verticale de la latitude 10° nord (au sud, Ds prend une valeur négative). Cela permet de savoir comment le Soleil éclaire la planète.

La déclinaison de la Terre (De) est la même notion mais cette fois l’angle de vue se fait depuis la Terre : elle indique quelle est la latitude du point qui est exactement au centre du disque planétaire tel que vu depuis notre propre planète. Si De = -25°, nous avons pile en face de nous la latitude 25° sud. De et Ds sont intéressants à coupler ensemble : si leur signe (en + ou en -) est identique, alors nous voyons en face de nous l’hémisphère de la planète qui est le plus éclairé par la planète… mais parfois, les signes sont différents : ce qui explique que nous puissions voir les anneaux de Saturne « côté non éclairé » par exemple. Sur Mars ça peut être important aussi, car nous voyons mieux alors l’hémisphère d’automne ou d’hiver.

Enfin, la longitude du Soleil (Ls) est la dernière notion à retenir : exprimée en degrés, cette valeur désigne la saison en vigueur sur une planète. Si Ls = 0, la planète est à son équinoxe de printemps pour l’hémisphère nord (90° = solstice d’été, 180° = équinoxe d’automne, 270° = solstice d’hiver). La valeur Ls est capitale pour Mars (j’en reparlerai dans les semaines qui viennent, pour préparer l’opposition 2014 !) car les phénomènes observables sur la planète rouge sont étroitement liés à la saison. Mais elle est également importante pour Saturne (activité de tempête probablement saisonnière) et peut-être aussi pour Uranus et Neptune… mais il faudra du temps pour le vérifier !

Cette article fera l’objet d’une suite : le paramétrage des simulations graphiques dans WinJupos

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